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Les concours : un système qui produit des perdants

Le concours est le joyau de la méritocratie scolaire à la française  : anonyme, avec des épreuves identiques pour tous, il garantit justice et équité pour distinguer ceux qui formeront l’élite de la nation. Pourtant, cette méritocratie dont notre pays est si fier est loin d’être parfaite. Elle peine à s’ouvrir et échoue à représenter la diversité de la société. Il est toujours délicat de critiquer les concours en France. Leurs contempteurs sont d’emblée accusés de vouloir détruire « un système qui marche » dans un enseignement supérieur mal en point. Ils sont aussi soupçonnés de relents de gauchisme en préférant,Les concours – un système qui produit des perdants, au nom d’un égalitarisme de masse, un nivellement par le bas à l’excellence de quelques-uns. Richard Descoings, ex-directeur de Sciences Po décédé en 2012, qui n’était pourtant pas un révolutionnaire, en avait fait l’expérience. Dans les années 2000, il avait dénoncé les limites d’un mode de sélection qui reproduit les inégalités et avait décidé d’en bousculer les règles. Il avait notamment ouvert une voie d’accès spécifique pour les lycéens de zone d’éducation prioritaire (ZEP). Il s’était heurté à un tir de barrage des grandes écoles, arc-boutées sur leur foi dans le concours républicain. Lire aussi :   Petit guide pour parents de candidats malheureux aux concours Soucieuses d’ouvrir socialement leurs rangs, toutes ont,Les concours – un système qui produit des perdants, depuis, mis en place des dispositifs d’« égalité des chances ». Le plus connu, baptisé « Une grande école  : pourquoi pas moi ? » – accompagnement de lycéens, sorties culturelles, visites d’entreprise, etc. – vise à combattre l’autocensure et à encourager l’ambition de jeunes de milieu populaire. Mais le but n’est pas de les faire accéder à ces grandes écoles où peu, au final, se retrouveront. « Une obsession française issue de la Révolution » « Rares sont les pays qui ont autant confiance dans le concours, souligne le sociologue François Dubet, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). C’est une obsession française issue de la Révolution  : remplacer les élites de naissance par les élites de l’intelligence. » Une confiance excessive, selon lui, dans un système qui avantage certains enfants, issus de milieux favorisés, les plus aptes à réussir dans une école « championne du monde du déterminisme social ». Pour François Dubet, ce n’est pas tant le concours qui pose problème que le fait que tout notre système scolaire soit organisé en fonction de lui : « Dès la maternelle, les familles des classes moyennes supérieures,ray ban lunette, les mieux informées, pensent à préparer leurs enfants. Puis, au cours de la scolarité, la recherche systématique des meilleurs élèves fait que les autres sont maltraités. » Lire aussi :   Concours de l’enseignement : une sélectivité à géométrie variable Supprimer le concours ne serait toutefois pas la solution,monture lunette guess, estime encore le sociologue. Ce qui est en cause est « son monopole, qui assure l’incroyable reproduction sociale des élites, même si, de temps en temps, un élève défavorisé y accède et devient la preuve que c’est possible. » Il faudrait plutôt « diversifier les voies d’accès aux élites ». Biais sociaux Le concours même est-il aussi juste que ses partisans veulent le croire ? «  Pour ceux qui le passent,Les concours – un système qui produit des perdants,lunette soleil dior, on est bien dans une situation de parfaite égalité, répond la sociologue Agnès van Zanten, directrice de recherche au CNRS et professeure à Sciences Po. Les règles en sont extrêmement ­codifiées et l’égalité formelle très forte. » Mais, ajoute-t-elle, « on ne tient pas compte des parcours individuels, des aides familiales ou scolaires dont certains ont bénéficié et pas d’autres. On pourrait très bien imaginer calculer le mérite autrement  : par la quantité d’efforts fournis par chacun pour parvenir à ce niveau. » Il y a aussi la question des épreuves, comme la culture générale ou les langues,Les concours – un système qui produit des perdants, et de leurs biais sociaux  : elles favorisent les étudiants issus de milieux éduqués. « Pour bien parler l’anglais, il faut avoir ­effectué des séjours dans un pays anglo-saxon, souligne la sociologue, ce que toutes les familles ne peuvent offrir. » Agnès van Zanten regrette qu’il y ait peu de recherches en France sur les concours. Aux Etats-Unis où ces études sont nombreuses, la sélection a passablement évolué. « Les universités d’élite américaines prennent en compte une pluralité de critères  : notes, rang dans la classe, résultats aux tests, dossier, lettre de motivation… Et elles ont dégagé une élite issue de groupes ethniques défavorisés. » Pour les deux sociologues, l’excellence symbolisée par le concours est définie de façon trop étroite et trop scolaire. Erigeant la compétition en vertu tout au long de la scolarité, elle produit beaucoup de « perdants », condamnés à rester loin derrière, faute d’avoir un jour réussi un concours. Véronique Soulé

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